Cahier
du GEMDEV n°24
L'Etat en Afrique : indigénisations et modernités
Juin 1996
ISSN : 0989-9057, 207 pages, 8€00 - Disponible
Avant-propos par Olivier Dollfus
et Etienne Le Roy
Ce Cahier du GEMDEV n°24 illustre au moins
à trois titres la "méthode" de notre
groupement d'intérêt scientifique.
•
Il combine une pluralité d'acteurs et de points de
vue et prend en compte la diversité des engagements
aux côtés des Africains, des bailleurs de fonds
aux organisations non gouvernementales en passant par la
recherche internationale. La coopération scientifique
concrétisée ici avec le CODESRIA
et autorisant une meilleure perception du sens des mutations
sociales sur le continent s'élargit avec divers collègues
de l'Association
Canadienne des Etudes Africaines (ACEA).
La vigueur de ce double regard écarte toute possibilité
de paternalisme scientifique ou de néo-colonialisme
nostalgique.
•
Il s'inscrit dans le temps long de la recherche. Initié
en 1993, ce programme a abouti, après un long travail
de séminaire à un appel à contributions
qui ouvre ce cahier.
Le colloque qui en a débattu, en mai 1995, associait
certains représentants les plus illustres de la recherche
africaine et la jeune génération. Avant d'être
public, dans le cadre d'une restitution à l'école
des hautes études en sciences sociales, le colloque
a permis une amicale mais exigeante confrontation des trois
collectifs de chercheurs, en trois demi-journées.
•
Les principaux papiers ont ensuite fait l'objet d'une réécriture
en fonction des débats et cet enrichissement a conduit
à deux publications. La première est le numéro
de Politique africaine consacré au " Besoin
d'État " (volume 61, mars 1996). Coïncidant
avec une nouvelle formule éditoriale de la revue,
le numéro de Politique africaine restitue l'originalité
de la thématique, autour des trois " besoins
d'Etat ", efficacité, légitimité,
sécurité qui structurent également
ce Cahier du GEMDEV. Il rappelle également que l'histoire
de l'Etat en Afrique est déjà longue et tumultueuse.
Ce
Cahier du GEMDEV n°25, en présentant
les points de vue les plus illustratifs des questions débattues,
prépare également une future publication aux
éditions Karthala. Cette publication aura pour objectif
de faire une part encore plus large aux travaux du CODESRIA
par la traduction de certains résultats de collègues
anglophones.
Le plan que nous avons adopté met en évidence
les avancées réalisées au cours de
ce colloque.
Nous
avons choisi d'encadrer les contributions par deux textes
de synthèse, conçus " à chaud
" par Bernard Husson et Jean-Emmanuel Pondi pour orienter
les conclusions de notre colloque. Bernard Husson approfondit
notre problématique tandis que Jean-Emmanuel Pondi
tire un premier bilan de nos discussions.
Ensuite,
les contributions ont été regroupées
autour des trois " besoins d'Etat " dont elles
illustrent les implications.On découvrira dans la
première partie la diversité des conditionnalités,
voire les divergences entre bailleurs de fonds, à
la recherche d'une meilleure efficacité pour l'Etat
africain. Ensuite, la deuxième partie montre progressivement
que le " besoin de légitimité "
ne peut être trouvé que par l'indigénisation
de l'Etat. La légitimité est, selon une expression
de Michèle Leclerc-Olive, une notion " transitive
" qui ne peut bénéficier à l'Etat
que par un phénomène de vases communiquants,
à partir du vivrier des légitimités
endogènes.Enfin, la troisième partie aborde
la question de la sécurité, non moins mystérieuse
puisque le plus souvent vécue, plutôt qu'expliquée,
à partir d'un sentiment d'insécurité.
Les diverses dimensions (physique, intellectuelle, existentielle,
individuelle et collectives) de ce besoin de sécurité
n'épuisent pas, tant s'en faut, une analyse que de
nouvelles recherches doctorales devraient élargir.
A
travers ce partenariat exigeant, nos discussions ont ainsi
permis d'approfondir des pistes qu'une nouvelle génération
de chercheurs est appelée à exploiter.
Programme de recherche ACEA
/ CODESRIA / GEMDEV
Au cours de l'année
1993, des discussions menées entre le GEMDEV (France)
et le CODESRIA (Afrique), rejoints par la suite par l'ACEA
(Canada), ont conduit des chercheurs de ces trois régions
du monde à lier leurs capacités de recherche
pour comprendre sur quelles réalités et quels
obstacles butait le processus de démocratisation
en Afrique. Les pages qui suivent présentent les
partenaires de cette action et la problématique sur
laquelle ils ont convenu de travailler conjointement. Les
textes présentés dans ce Cahier du GEMDEV
sont l'aboutissement de la première étape
de ce programme conjoint.
Les
partenaires
L'ACEA
(Association
Canadienne des Etudes Africaines) : fondée
en 1970, elle réunit des africanistes rassemblés
autour d'objectifs communs. Elle publie un bulletin et une
revue et organise une conférence annuelle avec des
spécialistes de l'Afrique tant universitaires que
non-universitaires.
Le
CODESRIA
(Conseil
pour le Développement de la Recherche en Sciences
sociales en Afrique) : fondé en 1973,
il réunit des chercheurs africains de tout le continent.
Il publie un bulletin, des documents et travaux de recherche
et organise chaque été des instituts de formation
rassemblant des chercheurs de différents pays sur
des thèmes comme : gouvernance et démocratie,
le genre, PAS et démocratie...
Le
GEMDEV (Groupement d'intérêt scientifique Economie
mondiale, Tiers-Mondes, Développement) : créé
en 1983, il rassemble aujourd'hui une cinquantaine d'équipes
de recherche et de formations doctorales des différentes
universités et grandes écoles de la région
parisienne et mène des recherches interdisciplinaires.
Il publie une lettre et des cahiers de recherche; il organise
régulièrement des colloques en particulier
sur la recherche sur le développement dans le monde
francophone.
Présentation
du programme de recherche
Le
GEMDEV, le CODESRIA et l'ACEA ont, chacun pour ce qui le
concerne, expérimenté la nécessité
non seulement d'aborder en " réseau " les
questions complexes du développement qui ne sont
plus susceptibles d'analyses classiques et surtout de les
aborder autrement. Les trois partenaires impliqués
ici souhaitent vivement arriver, avec ce projet, à
mettre en place une véritable recherche en coopération,
en menant conjointement un effort de renouvellement des
approches et cherchant l'implication des chercheurs africanistes
et africains du Sud et du Nord. Briser les ghettos, faciliter
la rencontre de traditions certes différentes mais
désirant dialoguer et s'enrichir mutuellement, telle
est la réponse choisie par ces partenaires pour comprendre
la réalité africaine.
Pour
ce qui concerne le GEMDEV, la prise en compte d'un intérêt
spécifique à ce type de coopération
est liée au souci d'aborder de manière renouvelée
un des axes de son programme actuel [Recherches sur les
dynamiques des Tiers-Mondes] sur " La question de l'Etat
et des institutions : citoyenneté, sociabilité
". Un renversement des problématiques habituelles
paraît indispensable et il ne consiste pas simplement
à inverser les termes de l'analyse, spécialement
à prôner l'individualisme méthodologique
et à valoriser les questions des "gens d'en
bas". Il faut penser l'État aussi comme une
question " complexe " qui ne peut être traitée
que dans une approche dite "d'épistémologie
de l'opacité ", donc en termes processuels et
dynamiques.
Le
CODESRIA, quand à lui, élabore, sous la forme
de monographies étatiques, un "état des
lieux" des questions que posent la transition juridique
vers une démocratisation de l'Etat, le pluralisme
politique et les transformations induites par la nouvelle
donne des années quatre-vingt-dix. La position particulière
de certains chercheurs du CODESRIA permet de mobiliser une
compétence scientifique originale et d'accéder
à des informations qui ne sont pas toujours d'accès
facile autour de trois préoccupations : qu'est-ce
qui se dit, qu'est-ce qui a changé, qu'est-ce qui
va disparaître?
L'ACEA,
de son côté, poursuit depuis de longues années
un travail de réflexion sur la situation africaine
en particulier à travers l'étude de la contribution
de la société, des mouvements sociaux et des
réseaux à la démocratie ou encore les
problèmes posés à la démocratisation
par les politiques d'ajustement culturel. Deux équipes
québécoises participeront au programme de
recherche. La première basée à l'Université
Laval, sous la responsabilité du Pr. JEWSIEWICKI
travaillera autour du thème " Culture, représentation
politique et démocratie "; la seconde, basée
à l'UQAM et placée sous la responsabilité
de la Pr. CAMPBELL, abordera les problèmes de "
la géopolitique de l'aide dans le cadre des programmes
d'ajustement structurel et le rôle des ONG internationales
".
A
l'occasion de la visite à Paris de Mamadou Diouf,
en octobre 1993, il a été envisagé
lors des entretiens avec ses partenaires du GEMDEV de croiser
les préoccupations des différentes démarches
pour mettre en phase les apports possibles autour des complémentarités
de nos recherches actuelles qui s'interrogent sur le sens
à donner au développement et analysent le
sens et les conséquences actuelles des identités
primaires sur l'idée de citoyenneté. Tant
comme relais de l'aide internationale que comme catalyseur
des initiatives locales, l'État africain reste le
cadre d'enjeux et de processus spécifiques. Il conviendra
donc prioritairement d'élucider cette spécificité
(par exemple le mode de négociation des PAS ou des
PASA) tout en examinant le caractère " semi-autonome
" de la place et du rôle de l'Etat contemporain.
Il conviendra donc de toujours rapporter les explications
se situant à l'échelle nationale aux autres
déterminismes qui, tantôt à l'échelle
internationale, tantôt à l'échelle locale,
influent également sur le devenir de l'Afrique.
De
manière différente par les préoccupations
et les cheminements (et sans doute comme une conséquence
induite des ajustements structurels mettant en cause au-delà
d'un " moins d'Etat " un " mieux d'Etat "),
les chercheurs du Nord et du Sud ne pensent plus l'Etat
comme le seul point de passage obligé tant des modes
nouveaux d'organisation de la société que
de la coopération bi- ou multilatérale. En
outre, ils sont convaincus que les présentations
dualistes usuelles sont de moins en moins pertinentes, du
type Etat / société civile ou bureaucratie/société
rurale car elles ne font qu'exprimer un mode d'approche
triplement réductionniste : exogène par ses
préoccupations, moderne par son idéologie
scientifique, problématique quant à son objet.
En ce qui concerne le GEMDEV, nous avons tenté d'en
illustrer certaines incidences dans l'ouvrage collectif
" État des savoirs sur le développement
" (Paris, Karthala, 1993).
La
formulation d'une nouvelle problématique passe ainsi
par la critique des pratiques scientifiques actuelles, spécialement
la lecture de l'Etat " par le haut " et "
par le bas ", mais également par l'identification
de nouveaux objets, Jean Copans ayant montré, dans
la dernière livraison de " Politique africaine
" concernant les intellectuels africains (volume 51,
oct. 1993) qu'il existe des pseudo-objets ou des apparences
d'objets qui interdisent en fait des cheminements scientifiques
heuristiques.
En
première approximation, certains objets apparaissent
comme particulièrement porteurs d'un renouveau scientifique
:
- l'analyse
des réseaux est le premier de ces objets. On commence
à connaître le rôle des réseaux
commerciaux, liés aux filières financières
internationales. C'est dans ce contexte que P. Labazée
a pu mettre en évidence les dynamiques originales
des entrepreneurs du Burkina ou que E. Grégoire ou
B. Ganne ont pu illustrer les rapports structurels entre
les dimensions " formelle " et " informelle
" de l'économie. On a également identifié
la prégnance des réseaux religieux, dans l'Islam
(réseaux maraboutiques au Sénégal ou
au Nigeria) ou dans les mouvements charismatiques chrétiens.
On a sans doute sous-estimé l'impact des réseaux
politiques en les confondant avec l'intervention des partis
politiques à partir des centres étatiques,
en vue de la conservation (ou de la conquête) du pouvoir
d'Etat et en appréhendant leurs interventions particulières
(les " baronnies " du PS sénégalais,
par exemple). Or, d'autres centres de pouvoir sont apparus
ou vont apparaître avec les processus de décentralisation
et vont autoriser de nouvelles formes de coalitions d'intérêts
ou de clientèles politiques sous des formes originales.
Etudier ces nouveaux réseaux " locaux "
paraît être une priorité pour identifier
les enjeux de la décentralisation et d'un pluralisme
politique qui est d'abord l'expression d'une diversité
des enjeux locaux. L'étude des élections présidentielles
de 1993 au Togo l'illustre particulièrement. Mais
il existe d'autres types de réseaux à une
échelle encore plus restreinte, celle de la petite
ville, du quartier ou du village, qui sont maintenant impliqués
dans des enjeux de développement local (gestion "
partagée " de services locaux, initiatives locales
de type set setan...) qui sont essentielles à analyser
pour identifier dans quelles conditions la responsabilité
individuelle est susceptible d'émerger dans des situations
particulières et d'exprimer une capacité d'initiative
autonome, par rapport à des modes bureaucratiques
antérieures ;
- ces
questions semblent préjudicielles pour l'analyse
d'un deuxième " objet " : l'analyse des
réponses des sociétés africaines à
la mise en place des programmes d'ajustement structurel.
Si les PAS ont sous-estimé les conséquences
sociales de l'ajustement, parallèlement, les sciences
sociales ont mal apprécié les modalités
de réponse des collectifs africains qui ont mis en
évidence une grande capacité d'" évitement
" ou de contournement des injonctions des nouvelles
politiques. On voit émerger de nouvelles formes de
solidarité, ou de nouvelles expressions culturelles
dont on a commencé à théoriser l'impact
sous le terme " culture commune ", comme cadre
interprétatif original synthétisant les diverses
valeurs, représentations et dispositifs hérités
des périodes antérieures et susceptibles d'être
utilisés pour réorganiser les sociétés
ou trouver des réponses opportunistes. Sans être
des réponses générales et satisfaisantes,
ces " cultures communes " (valorisées au
Sénégal, peut-être ignorées en
Côte d'Ivoire pour des raisons à préciser)
constituent des réservoirs de solutions pratiques
au sein desquels on peut trouver certaines explications
des comportements opportunistes actuels. On pourrait également,
en reprenant la distinction de Polanyi (La grande transformation,
Paris, Gallimard, 1987), expliquer l'importance de comportements
économiques qui ne relèvent plus de l'économie
de réciprocité, pas encore de l'économie
d'échange (donc du capitalisme) mais de l'économie
de redistribution dont s'est nourri l'Etat autoritaire ou
bureaucratique et dont il faut se libérer, en comprenant
ses conditions actuelles de fonctionnement ;
- Le
troisième objet possible est le mouvement de démocratisation
dont on s'étonne qu'il soit si systématiquement
appréhendé soit de manière formelle
(par le seul biais d'une transformation des institutions
juridiques et du multipartisme) soit de manière ethnocentrique
et occidentale (comme si les dispositifs des Etats occidentaux
étaient les seules solutions concevables pour répondre
aux besoins des pays africains). Il est clair qu'il existe
sur cette question des clivages importants dont on doit
discuter au nord comme au sud pour identifier quelles références
sont utilisées dans le débat. Il faut également
identifier les divers types de facteurs (juridiques, économiques,
idéologiques) qui peuvent influencer ce débat,
et réfléchir aux modalités d'un véritable
" Etat de droit " dans les conditions de l'Afrique
contemporaine et en acceptant une " invention du politique
" en termes institutionnels (quelle gouvernementalité)
et idéologique (quel projet de société
pour le XXIème siècle).
Le croisement de ces trois approches pourrait se faire autour
de trois thèmes :
- ajustement structurel et démocratie ;
- contribution de la société, des mouvements
sociaux et des réseaux à la démocratie
;
- institutions et démocratie, État de
droit.
On pourrait également envisager trois interrogations
principales, transversales à ces thèmes principaux
:
1)
La crise actuelle peut-elle déboucher sur un nouveau
cycle productif ? Si oui, et compte tenu des difficultés
à faire fonctionner l'économie de redistribution,
comment gérer la transition au capitalisme en ne
supposant pas que le problème soit déjà
résolu : que les solutions sont disponibles avec
le néolibéralisme, que les comportements des
acteurs peuvent s'exprimer " individuellement "
alors que les conditions de " l'individuation "
ne sont pas réunies et que le marché peut
fonctionner de manière " parfaite " dans
les conditions de pénurie actuelles...
2)
Ne doit-on pas aborder la question des institutions de manière
plus originale, moins " uniformisante " et plus
" atomistique ". On sait qu'en Occident, et ce
depuis le " contrat social " de Rousseau, on a
pensé que l'égalité en société
serait trouvée par un modèle institutionnel
uniforme qu'on pourrait projeter sur toutes les sociétés
ou tous les collectifs. Bien que dotée d'une grande
efficacité, cette conception de l'institution a aussi
justifié toutes les formes de totalitarisme et a
été un aliment important des autocraties africaines
: un président, un parti, un territoire etc. L'enjeu
de la décentralisation étant de penser de
manière plurielle, voire plurale, les nouveaux dispositifs
institutionnels, il faudra repenser les logiques fondatrices
des institutions et s'inspirer, au moins pour partie, des
logiques des sociétés précoloniales
qui pensaient toutes les composantes de la société
en termes d'instances " multiples, spécialisées
et interdépendantes ". Cette appréciation
de l'apport des cultures endogènes aux débats
politiques contemporains sera appréciable pour éclairer
les conditions de " l'ajustement culturel " qui
est réclamé par certains. Il permettrait de
jeter un regard nouveau sur le problème des minorités,
de leur reconnaissance juridique et sur l'ethnicité
au regard des constructions politiques en cours.
3)
L'intervention de nouveaux partenaires dans le développement
local, spécialement les ONG et la coopération
décentralisée, oblige à renouveler
notre lecture des modalités et des effets des interventions
exogènes. Derrière l'autoritarisme des nouvelles
politiques d'ajustement et à travers des formes de
financement direct d'opérations de développement
par des bailleurs de fonds étrangers, on voit apparaître
une géopolitique de l'aide où l'État
n'est plus le relais obligé, où de nouveaux
" courtiers " constituent des réseaux particuliers,
où émergent de nouvelles solidarités
autour des enjeux locaux et régionaux. C'est sous
la forme d'une " triangulation " des opérateurs
du développement et en fonction de " polarisations
" opérationnelles qu'il faut concevoir le futur
ajustement des forces sociales économiques et financières
pour gérer les internalités (reproduction
des rapports sociaux) et les externalités (spécialement
le rapport au marché mondial). C'est sous cet angle
qu'on pourra passer d'une " aide-rente " favorisant
la redistribution clientéliste à une "
aide-initiative " restituant leurs responsabilités
productives aux différents opérateurs.
Le
mouvement de démocratisation a permis de faire la
preuve du dynamisme des sociétés mais ce dynamisme
n'a pu encore trouver ses cadres spécifiques, faute
d'une analyse de l'état réel des sociétés,
perçues à travers le prisme déformant
du regard que les autres nations, spécialement les
plus développées, posent sur le présent
et le devenir de l'Afrique. Notre espoir est que la coopération
dont nous jetons les bases entre le GEMDEV, le CODESRIA
et l'ACEA favorise une autre lecture, plus pragmatique et
autrement réaliste que celle qui encombre les rapports
d'experts.