Cahier
du GEMDEV n°31
La
mesure de la mondialisation
mars 2007
ISSN : 0989-9057, 217 pages, 12€00 -
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Les spécialistes des diverses sciences sociales pensent-ils
au même objet lorsqu’ils évoquent la
mondialisation ? Que s’agit-il de mesurer précisément
?
Anthropologues, économistes, historiens, juristes
ou sociologues s’accordent sur le fait que les méthodes
d’enquête et d’analyse mobilisées
par les différentes disciplines construisent autant
de manières de voir la mondialisation et d’en
restituer les effets. Pour autant, la mondialisation ne
serait-elle perceptible que par ce jeu de représentations,
dans la dépendance des discours par lesquels elle
se manifeste ? La division entre sciences quantitatives
et sciences qualitatives, dont l’économie et
l’anthropologie sont les hérauts respectifs,
conduit à considérer la question de la mesure
sous un jour radicalement différent. Il ne suffit
pas de penser « la mesure», il est nécessaire
d’appliquer la réflexion sur ce que «mesurer
veut dire» à des objets particuliers. Pour
saisir les différentes facettes de la mondialisation,
il faut aussi traduire les études de cas dans un
langage commun dont la scientificité ne fait pas
barrage, tisser les fils par lesquels les résultats
les plus pointus dans un domaine suscitent ailleurs de nouvelles
pistes de recherche.
A partir de recherches menées en Afrique, en Amérique
du Nord et du Sud, en Asie centrale et extrême orientale,
en Europe et dans les institutions internationales, par
des observations de terrain comme à partir d’objets
plus théoriques, en mobilisant donc différentes
méthodologies, les auteurs se penchent sur la transformation
des « normes et des valeurs dans la mondialisation
» et sur « les indicateurs des inégalités
dans la mondialisation ». Ils s’intéressent
aux modalités par lesquelles se traduisent dans un
espace politique les changements dans les domaines culturels,
économiques, sociaux, juridiques et institutionnels.
Changements qu’introduit la communauté internationale
via les ONG ou les agences chargées de mettre en
oeuvre les programmes de «développement»
et de «transformations politiques ». Évolutions
liées aux stratégies des entreprises multinationales
et à la mobilisation de nouveaux acteurs pour garantir
leur avenir. Les auteurs interrogent la place et le rôle
de l’État dans les nouvelles configurations
de pouvoir. Ils étudient les relations entre inégalités
sociales, économiques et territoriales tout en critiquant
la construction et la validité des indicateurs usuels.
Ils proposent les éléments d’une problématique
renouvelée intégrant le changement d’échelle
des mécanismes de développement et incitant
à penser autrement le développement dans la
mondialisation.
Ce
numéro des Cahiers du GEMDEV a été
réalisé au sein du groupe « Mondialisations
», coordination scientifique et éditoriale
d’Irène Bellier. Directrice de recherche au
Laboratoire d’Anthropologie des Institutions et des
Organisations Sociales (LAIOS- CNRS/EHESS), elle est l’auteur
de nombreux articles et ouvrages sur les Mai Huna d’Amazonie
péruvienne et, en anthropologie politique, sur l’ENA,
la Commission européenne, les Nations unies et le
mouvement international des peuples autochtones.
Ont
contribué à ce numéro :
Irène Bellier, Sophie Bessis, Fabienne Boudier, Delphine
Dabrowski-Sangodeyi, Barbara Despiney, Paul Dima Ehongo,
Diana Hochraich, Kirsten Koop, Bernadette Madeuf, Claire
Mainguy, Jean-Louis Margolin, Birgit Müller, Boris
Petric, Stéphanie Treillet.